Montagne le plus haut du monde : everest, mauna kea ou chimborazo ?

5 juillet 2026

Alpiniste en combinaison rouge sur une arête enneigée de l'Himalaya avec panorama de sommets en arrière-plan

L’Everest culmine à 8 849 mètres au-dessus du niveau de la mer, valeur officialisée fin 2020 après une campagne géodésique conjointe entre la Chine et le Népal. Ce chiffre, repris par les atlas et les organisations d’alpinisme, semble clore le débat.

La réponse à la question « quelle est la montagne la plus haute du monde » dépend pourtant du critère retenu pour mesurer une montagne. Deux autres sommets, le Mauna Kea à Hawaï et le Chimborazo en Équateur, revendiquent le titre selon des méthodes de calcul différentes.

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Trois critères de mesure, trois sommets différents

La confusion naît d’un présupposé rarement explicité : « haut » ne signifie pas la même chose selon le référentiel choisi. Les géographes distinguent au moins trois façons de mesurer une montagne, et chacune désigne un vainqueur différent.

  • Altitude par rapport au niveau de la mer : c’est la convention utilisée en cartographie et en alpinisme. L’Everest, dans la chaîne himalayenne, domine ce classement avec ses 8 849 mètres.
  • Hauteur de la base au sommet : on mesure ici la structure géologique complète, en incluant la partie immergée ou enfouie. Le Mauna Kea, volcan bouclier d’Hawaï, atteint environ 10 211 mètres de la base sous-marine au sommet.
  • Distance du sommet au centre de la Terre : la forme de la planète (un ellipsoïde aplati aux pôles et renflé à l’équateur) avantage les montagnes proches de l’équateur. Le Chimborazo, en Équateur, dépasse l’Everest sur ce critère.

Aucun de ces trois critères n’est plus « vrai » qu’un autre. Chacun mesure une réalité physique différente. La convention du niveau de la mer domine parce qu’elle sert la navigation, l’aviation et la météorologie, pas parce qu’elle décrit mieux la taille d’une montagne.

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Mauna Kea : le volcan bouclier qui dépasse l’Everest

Le Mauna Kea est un volcan éteint situé sur la grande île d’Hawaï. Son sommet se trouve à un peu plus de 4 200 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui le rend modeste en apparence. Sa base, en revanche, repose sur le plancher océanique du Pacifique, à plusieurs milliers de mètres de profondeur.

En additionnant la partie émergée et la partie immergée, le Mauna Kea atteint environ 10 211 mètres de hauteur totale. C’est la montagne la plus haute du monde mesurée de la base au sommet.

Pourquoi ce volcan est aussi un site astronomique majeur

Le sommet du Mauna Kea accueille plusieurs observatoires astronomiques parmi les plus performants de la planète. L’altitude, la stabilité atmosphérique et l’éloignement des sources de pollution lumineuse en font un site d’observation privilégié. Cette concentration d’infrastructures scientifiques est toutefois source de tensions avec les communautés autochtones hawaïennes, pour qui le sommet possède une dimension sacrée.

Le voisin du Mauna Kea, le Mauna Loa, est un autre volcan bouclier massif. Les deux structures illustrent la puissance du volcanisme de point chaud qui a formé l’archipel d’Hawaï sur des millions d’années.

Chimborazo et la forme de la Terre : le sommet le plus éloigné du centre

Le Chimborazo est un stratovolcan situé en Équateur, culminant à environ 6 263 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il n’apparaît même pas dans le top 30 des plus hautes montagnes si l’on s’en tient à la convention classique. Son avantage est géométrique.

La Terre n’est pas une sphère parfaite. La rotation terrestre crée un renflement équatorial : le rayon de la planète à l’équateur dépasse celui mesuré aux pôles de plusieurs kilomètres. Le Chimborazo, situé à environ un degré de latitude sud de l’équateur, bénéficie pleinement de ce renflement.

Son sommet se trouve ainsi plus loin du centre de la Terre que celui de l’Everest, malgré une altitude bien inférieure en référence au niveau de la mer. Ce critère n’a rien d’anecdotique en géodésie et en physique gravitationnelle, où la distance au centre de masse de la planète est une donnée pertinente.

L’Everest pénalisé par sa latitude

L’Everest se situe à environ 28 degrés de latitude nord. À cette latitude, le rayon terrestre est plus court qu’à l’équateur. Même avec ses 8 849 mètres d’altitude, le sommet de l’Everest reste plus proche du centre de la Terre que celui du Chimborazo. La différence est de l’ordre de quelques kilomètres, suffisante pour inverser le classement.

Volcan Chimborazo enneigé dominant le páramo andin sous un ciel bleu cobalt en Équateur

L’altitude de l’Everest : une valeur qui bouge encore

Le chiffre de 8 849 mètres a été fixé en décembre 2020 par un accord entre les autorités chinoises et népalaises. Cette révision faisait suite à des campagnes de mesure par GPS et par géodésie satellitaire, intégrant les corrections liées au séisme de 2015 au Népal.

L’Everest continue de gagner en altitude chaque année, de quelques millimètres, sous l’effet de la tectonique des plaques. La plaque indienne pousse toujours contre la plaque eurasienne, ce qui soulève progressivement la chaîne himalayenne. En parallèle, l’érosion et les séismes peuvent faire perdre quelques centimètres au sommet.

Les technologies de mesure actuelles permettent de suivre ces variations avec une précision centimétrique. L’altitude d’une montagne n’est pas un chiffre figé, même si les manuels scolaires la présentent comme telle.

Montagne la plus haute du monde : la réponse dépend de la question

Si vous demandez quel sommet est le plus élevé par rapport au niveau de la mer, la réponse reste l’Everest. Si vous cherchez la structure montagneuse la plus imposante de la base au sommet, c’est le Mauna Kea. Si vous voulez savoir quel point de la surface terrestre est le plus éloigné du centre de la planète, c’est le Chimborazo.

Ces trois réponses coexistent sans se contredire. Elles reflètent des conventions de mesure adaptées à des usages différents : cartographie, géologie structurale, géodésie. Le titre de plus haute montagne du monde n’a pas de réponse unique, et c’est précisément ce qui rend la question intéressante d’un point de vue scientifique.

La prochaine campagne de mesure de l’Everest, ou une réévaluation bathymétrique du Mauna Kea, pourrait d’ailleurs modifier les chiffres de référence actuels de quelques mètres. Les montagnes bougent, les instruments s’affinent, et les classements avec.

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