Musulmans en Corse : quel est le pourcentage ?

8 février 2026

Femme musulmane en hijab à Ajaccio regardant la mer

L’Insee ne publie aucune donnée officielle sur l’appartenance religieuse des habitants de Corse, en application du principe de laïcité en France. Les estimations sur la composition confessionnelle insulaire reposent donc sur des enquêtes indépendantes et des projections démographiques, souvent sujettes à débat.

Les recensements révèlent cependant une augmentation continue des populations issues de pays à majorité musulmane, notamment depuis les années 1990. Cette évolution soulève des interrogations sur l’intégration, la cohabitation et la perception des différentes communautés dans l’île, où les dynamiques migratoires restent un enjeu sensible.

La démographie corse : diversité et évolutions récentes

La population corse s’est transformée au fil des décennies, desserrant peu à peu l’étau d’un isolement démographique. Près de 350 000 personnes vivent aujourd’hui sur cette île, si l’on se fie aux chiffres de l’Insee. Un chiffre qui grimpe doucement mais sûrement, attiré par un mode de vie particulier et la promesse d’un territoire préservé. Pourtant, le profil de ses habitants ne ressemble pas tout à fait à celui de la France continentale. Les seniors y sont plus nombreux, les jeunes moins présents. La pyramide des âges penche nettement en faveur des plus âgés.

Autre particularité : l’immigration façonne une Corse à part. La part des personnes nées à l’étranger s’établit autour de 10 %, un peu en retrait par rapport à la moyenne hexagonale. Mais la singularité ne s’arrête pas là. Ici, la majorité des nouveaux venus arrive d’Europe : Italie, Portugal, Roumanie. Ce sont ces flux continentaux qui dessinent en grande partie la mosaïque corse, bien différente de ce que l’on observe dans l’ensemble du pays. L’île se classe même parmi les régions françaises où la présence d’immigrés européens est la plus forte.

Les grandes villes concentrent ces populations. Ajaccio, Bastia, Porto-Vecchio : voilà les pôles où l’on croise le plus de nouveaux arrivants. Ceux venus d’Afrique du Nord, parfois de confession musulmane, restent peu nombreux comparés à d’autres régions. Cette prégnance d’une immigration européenne façonne encore aujourd’hui le visage de la Corse, même si l’on note une légère hausse des arrivées hors Europe. Pour l’instant, la tendance dominante ne s’inverse pas.

Musulmans en Corse : quel pourcentage et quelles sources fiables ?

Évaluer la part de musulmans en Corse relève du casse-tête : la France n’autorise pas la collecte de statistiques religieuses. L’Insee, fidèle à la laïcité, ne livre aucune donnée sur le sujet. Pour comprendre la réalité locale, il faut donc se tourner vers les flux migratoires et les estimations indépendantes.

Les immigrés représentent environ 10 % de la population corse, un niveau légèrement inférieur à la moyenne nationale. Parmi eux, la grande majorité débarque d’Europe : Italie, Portugal, Roumanie. Ceux originaires d’Afrique du Nord, où l’islam est souvent la religion dominante, forment une minorité, bien moins visible qu’ailleurs en France.

Les experts avancent ainsi une estimation prudente : la proportion de musulmans en Corse tournerait autour de 1 à 2 %. Loin des 9 % estimés à l’échelle du pays par le Pew Research Center. Cette faible part s’explique d’abord par la structure migratoire, marquée par la prépondérance des arrivées européennes au détriment des flux extra-européens.

La réalité s’illustre aussi dans la présence de lieux de culte. À Ajaccio ou Bastia, les mosquées officielles se comptent sur les doigts d’une main, et la communauté musulmane s’y fait discrète. Cette visibilité réduite colle à une démographie bien documentée, confirmée par l’Insee et les analyses démographiques indépendantes.

Immigration européenne et cohabitation des communautés : quels enjeux aujourd’hui ?

La Corse s’appuie sur une histoire migratoire largement européenne. Les chiffres de l’Insee le confirment : Italiens, Portugais, Roumains constituent le gros des nouveaux arrivants, dessinant une diversité qui reste continentale avant tout. Les flux venus du Maghreb ou de l’Afrique subsaharienne, si courants ailleurs en France, ne pèsent ici qu’un poids modeste.

Dans les villes comme Ajaccio, Bastia ou Porto-Vecchio, la cohabitation s’organise entre résidents de longue date et familles fraîchement installées venues d’Europe. Les originaires d’Afrique, bien présents dans d’autres régions, restent marginaux sur l’île. Ce profil migratoire influence les liens sociaux, l’accès à l’emploi, et même la vie quotidienne, où la nationalité française demeure la règle dans bien des secteurs.

Quelques chiffres éclairent la réalité observée :

  • L’Italie arrive largement en tête parmi les pays d’origine des immigrés installés en Corse, suivie par le Portugal.
  • Le Maroc, souvent en haut du classement ailleurs, occupe ici la troisième place, loin derrière les origines européennes.

Cette stabilité européenne réduit les risques de repli communautaire. Les tensions ponctuelles, quand elles existent, tiennent plus à la difficulté à se loger ou à trouver un emploi qu’à des conflits religieux. Les défis actuels portent sur le juste équilibre entre ouverture et maintien d’une identité corse forte, dans un contexte où l’immigration européenne tend à renforcer son poids au fil des ans.

Groupe de jeunes musulmans socialisant à Bastia

Regards sur l’intégration et la place de la communauté musulmane dans la société corse

L’islam en Corse se fait discret, loin des polémiques nationales. Les lieux de culte se résument à quelques adresses : la petite mosquée de Porto-Vecchio, notamment, accueille surtout des travailleurs saisonniers ou des familles présentes depuis longtemps. À Ajaccio et Bastia, les initiatives associatives existent, mais sans visibilité tapageuse, souvent en marge du centre-ville.

Ramadan, fêtes religieuses : ces pratiques s’organisent d’abord dans la sphère privée, au sein de cercles familiaux ou amicaux. Les jeunes musulmans, dont la plupart sont issus d’une immigration récente, s’intègrent par l’école, le sport ou le travail. Ils partagent les réalités locales, y compris la précarité de l’emploi ou la saisonnalité qui rythme l’économie insulaire. La communauté musulmane, présente mais peu nombreuse, ne cristallise ni hostilité marquée ni tensions de masse.

Du côté des élus, la vigilance et l’écoute priment. Des figures locales comme Alain Orsoni s’engagent pour le dialogue, loin des discours alarmistes. Les textes réglementant la pratique religieuse y sont rares et le spectre de l’islamisme radical n’imprègne pas le quotidien. L’essentiel, pour la société corse, reste le maintien d’une cohésion sociale où chacun peut s’insérer sans crispation excessive.

Quelques points résument la situation actuelle :

  • La population musulmane se concentre surtout dans certains centres urbains.
  • Les échanges avec les Corses privilégient la discrétion et une coexistence apaisée.

Rien n’indique aujourd’hui une recomposition majeure du paysage religieux en Corse. L’île compose, à son rythme, une cohabitation qui évite les éclats et privilégie la stabilité. Qui sait ce que révéleront les prochaines décennies ?

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